Cher fils,
Je t'écris ces lignes pour que tu saches que je t'écris.
Alors, si tu reçois cette lettre c'est qu'elle est bien arrivée.
Si tu ne la reçois pas tu me préviens pour que je te la renvoie.
Je t'écris lentement parce que je sais que tu ne lis pas très vite.
L'autre jour, ton père a lu que selon les enquêtes la plupart des
accidents arrivent à 1 km de la maison, ainsi nous nous sommes décidés à
déménager
plus loin.
La maison est superbe ; elle a une machine à laver, mais je ne suis pas
sûre qu'elle fonctionne.
Hier, j'ai mis le linge dedans, j'ai tiré la chasse et je n'ai plus vu
le linge depuis, mais bon...
Le temps ici n'est pas trop mauvais.
La semaine dernière il a plu seulement deux fois : la première fois, la
pluie a duré 3 jours, la deuxième 4.
A propos de la veste que tu voulais, ton oncle Pierre m'a dit que si
nous te l'envoyions avec les boutons, comme ils sont lourds, ça coûterait
plus cher alors, nous avons enlevé les boutons et les avons mis dans la
poche.
Nous avons enfin enterré ton grand-père ; nous avons trouvé son corps
lors du déménagement.
Il était dans l'armoire depuis le jour où il a gagné à cache-cache.
Je te raconte que l'autre jour il y a eu une explosion de gaz dans la
cuisine, et ton père et moi sommes sortis propulsés dans l'air au dehors de
la
maison ; quelle émotion !, c'est la première fois que ton père et moi
sortons
ensemble depuis des années.
Le médecin est venu pour voir si nous allions bien : il m'a mis un tube
en verre dans la bouche, et m'a dit de la fermer pendant 10 minutes.
Ton père lui a proposé de lui racheter le tube.
Et puisqu'on parle de ton père, je t'annonce qu'il a du travail, et il
en est fier !